Les Projets Alimentaires Territoriaux, pour une alimentation durable et locale (1/2)

Les Projets Alimentaires Territoriaux (PAT) constituent des outils clés pour la résilience alimentaire des territoires et la reterritorialisation de l’alimentation. Retour sur ce dispositif.

Les collectivités sont de plus en plus nombreuses à investir le champ de l’alimentation et de l’agriculture, notamment pour promouvoir les circuits courts dans la chaîne d’achat alimentaire et participer à la politique de soutien économique. Face aux préoccupations des habitants qui cherchent de plus en plus de produits locaux de qualité, les collectivités ont été poussées à s’interroger sur la mise en place de réels systèmes alimentaires territoriaux. 

Au travers de dispositifs tels que les Projets Alimentaires Territoriaux (PAT), celles-ci ont la possibilité de relocaliser l’alimentation sur leur territoire, une réelle opportunité à la fois sanitaire, économique et environnementale !

Les Projets Alimentaires Territoriaux, de quoi parle-t-on ?

Crée par la loi Avenir pour l’Agriculture, l’Alimentation et la Forêt du 13 octobre 2014, un projet alimentaire territorial (PAT) est co-construit et partagé par des acteurs de l’alimentation sur un territoire. Il vise principalement à favoriser le développement local et durable de l’agriculture et de l’alimentation.

Les PAT se construisent autour d’une logique très transverse, puisqu’ils traitent différentes thématiques variant en fonction de la spécificité du territoire (taille, productions, dynamique d’acteurs) et du porteur de projet (son champ de compétences, sa nature).

On peut identifier 6 domaines et quelques actions concrètes associées : 

  • L’économie alimentaire : aides à l’installation et à la production de bio, valorisation des circuits courts, développement de l’offre de produits locaux en Restauration Hors Domicile,
  • Le culturel et la gastronomie : agri-tourisme, soutien au développement et valorisation des savoir-faire et des produits locaux (soutien financier, organisation d’évènements, financement de formation),
  • La santé (nutrition) : accès à une alimentation de qualité, sensibilisation aux enjeux nutritionnels,
  • L’accessibilité sociale : aide alimentation, soutien aux jardins d’insertion/jardins partagés, aux épiceries sociales et solidaires, soutien aux actions d’éducation culinaire des personnes en situation de précarité,
  • L’environnement : sensibilisation à l’alimentation durable, développement du bio, lutte contre le gaspillage alimentaire,
  • L’urbanisme et l’aménagement : implantation de commerces alimentation, protection du foncier agricole, aides à l’immobilier d’entreprise (légumeries, ateliers de transformation…), etc.

Quels sont les avantages de mettre en place un PAT sur son territoire ?

En rapprochant les producteurs, les transformateurs, les distributeurs, les collectivités et les consommateurs, les PAT permettent de fédérer les acteurs du territoire autour de la question de l’alimentation. Ils constituent une réelle opportunité de reterritorialiser l’alimentation sur votre territoire.

Outre les impacts positifs sur l’économie locale, la mise en place d’un tel plan peut permettre de faire des économies : des actions sur le gaspillage alimentaire peuvent par exemple réduire les coûts de traitement et de gestion des déchets (une charge non négligeable pour les collectivités !)

Sur le long terme, ils constituent également une réelle opportunité sur un plan qualitatif :  qualité de l’air et santé publique, réponse à une demande sociale, qualité de vie et attractivité territoriale…

Par ailleurs, le PAT peut être un véritable outil de cohésion entre espaces urbains et ruraux : certaines communes ont décidé de se rapprocher, faute de pouvoir produire seule sur leur propre périmètre géographique.

Ils l’ont fait : le PAT des Bouches-du-Rhône, un outil pour répondre aux besoins des plus démunis durant la période de confinement

Le PAT des Bouches du Rhône, avec 5 000 exploitations et 145 000 hectares de terres agricoles est l’un des plus important de France. Il a permis une coordination accrue des acteurs et notamment la mise en place rapide de paniers solidaires, distribués par la Banque Alimentaire des Bouches-du-Rhône, acteur inclus dans le dispositif. Une initiative qui a profité aux agriculteurs et commerçants locaux qui ont pu maintenir leur activité ainsi qu’aux familles en situation de difficultés. Des légumes et fruits ont en effet été achetés à des agriculteurs, grossistes et plateformes spécialisées dans la restauration collective.  Au total, ce sont plus de 120 000 personnes qui ont bénéficié de cette initiative, représentant 45 tonnes de fruits et légumes distribués chaque semaine.

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